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11 avril 2006

Quand je suis devenu grand... [Le journal de Vincent]

Post interessant sur les reflexions d'un jeune diplomé face au marché du travail:
Quand je suis devenu grand... - Le journal de Vincent

Extraits:
Claque n°1 : les recruteurs vous mettent tout de suite dans des cases et il est très difficile d'aller voir ailleurs.
Claque n°2 : ma spécialisation en marketing ne VAUT RIEN. Mon profil est totalement inadapté au marché et on m'a fait croire que j'aurai sous 3 mois des postes ouverts à des gens ayant 5 à 10 ans d'expérience. Il faut faire ses preuves pour espérer à terme occuper des postes à responsabilité.
Claque n°3 : le diplôme n'est absolument pas une protection. D'ailleurs le chômage des BAC +5 est supérieur à celui des BAC +2.
Claque n°4 : l'entreprise n'est pas ce qu'on nous décrit en école. On est là pour faire du chiffre, bosser et montrer qu'on est dans les meilleurs. C'est un VRAI MONDE DE COMPETITION, ce qu'on ne nous apprend plus à l'école, du primaire à l'Université.



Edifiant (au sens premier -et non péjoratif), voir mes commentaires dans son post.


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10 avril 2006

Fin de CPE, pour qui l'addition?

Le présomptueux Villepin a donc mangé son chapeau, les gauches sont renforcées et reunies, ainsi que les extremes (j'entendais sur France Inter une montée des prises de cartes chez le borgne et le fou du Puys).

Bravo.

Retour a la case départ donc, que faut-il faire pour résoudre le chomage des jeunes?

Le gouvernement et la mission parlementaire ont annoncé l'extension des aides aux emplois de jeunes pour les entreprises. Cout: 300m€ en année pleine. C'est une mesure digne des socialistes: payer les entreprises pour faire de la "discrimination positive".

Le contribuable (une minorité en France!), qui lui a l'avantage de ne pas incendier de voitures ni de bloquer les universités, se retrouve donc a payer encore et toujours.

Mais ce n'est pas le seul perdant: faut-il rappeller encore une fois que le probleme du chomage des jeunes vient du fait que l'economie francaise cree moins d'emplois que nos voisins par point de PIB? Des depenses supplementaires appellent soit des taxes supplementaires, soit un accroissement de la dette (deja fort preoccuppante, la France est deja epingles par l'UE pour depassement budgetaires repetes). Et le corollaire en est une croissance freinee, donc plus de chomage.

Encore une fois on a loupé le coche des réformes, et les jeunes qui se sont expatriés pour trouver du boulot ne sont pas prets de pouvoir rentrer...



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08 avril 2006

Bien fait...

Consequences logiques pour les etudiants, leur études sont en jeu:

Etudiants, lycéens : péril sur les examens

Domage pour ceux qui ont ete pris en otages (c'est a dire ceux qui veulent etudier, peut etre parcequ'ils n'ont pas les parents derriere pour payer le loyer?), les autres étudiants syndicalistes professionels n'ont probablement aucune intention d'integrer une entreprises privée (et donc au passage ne sont pas concernes par le CPE...). Voir par exemple le CV de Rémi Brazillier, secretaire de MJS. Vous imaginez les questions sur sa these a l'entretien d'embauche? Mais son but est sans doute de vivre des cotisations des militants? comme Sylvain Elies.

Voir également mes commentaires ici et la, et cette citation piochée sur le blog de Frank (que je n'ai pas verifiée):
Il y a aujourd'hui 66 000 étudiants en psychologie. Par comparaison, il y a par exemple 40 000 avocats au total en France. Comment ne pas voir là un grave problème d'orientation professionelle ?

PS: toujours dans le registre le CPE vu de l'Etranger, voir les Q&R de la BBC sur le sujet...


Addendum: email recu de Sylvain Elies ce WE:
Subject: Diffamation
Date: Sat, 6 May 2006 20:23:15 +0200
From: Sylvain ELIES


Cher Monsieur,
Vous avez eu sûrement plaisir à citer mon nom et j'espère que vous avez plaisir à venir sur mon blog. Toutefois, comme je l'avais indiqué en commentaires, je ne vis pas de la cotisation de militants ou d'élus. Je suis salarié et touche un salaire n'ayant rien à voir avec mon activité militante... Je vous pries donc de bien vouloir enlever le post que vous avez ou tout au moins de modifier le propos lié à mon nom.
Vous remerciant pour la diligence dont vous serez faire preuve,
Sylvain ELIES


(noter l'injonction :-)

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05 avril 2006

Les greves vues de Londres

Edito au vitriol dans le Times (tendance libérale et anti-Européenne a la Murdoch) sur les manifs anti-CPE:
Vive la révolution - Comment - Times Online

"To recap, the French strikes are intended to stop the Government introducing a first tiny element of flexibility into France’s sclerotic employment system. At present it is almost impossible to fire anyone under French law without a long process of complaints, warnings, claims, counter-claims, and hearings at the prud’hommes, a kind of employment tribunal which can go on for months or until one party or the other, ready to die of boredom, gives in. This means that no employer in his right mind wants to take on a new employee with no experience, in case he turns out to be a dud and then the employer is lumbered with him for keeps. And that in turn means that the young, fresh out of university or school, live with 25 per cent unemployment – and worse in many of the banlieues where young people spent last autumn rioting. The bright idea of Dominique de Villepin’s Government is to make it easier to fire people under 26 – thereby encouraging employers to take more of them on in the first place. But French voters, especially the young ones who might actually benefit from the change, are dead against any change to the cosy, statist jobs-for-life system they’re used to."

Un bon résumé non?

Pour ceux qui ne lisent pas (encore) l'anglais, utilisez donc le service de traduction de la Yahoo! toolbar, j'ai du boulot et je suis pas au 35 heures moi!


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04 avril 2006

Les greves vues de l'etranger


Meme moi je me demande pourquoi les planqués de la fonction publique sont en greve contre le CPE... alors vu des Midlands les froggies in strike n'ont pas vraiemment bonne presse.

Leeds airline whippet into frenzy over French strike | The Register

(pour ceux qui tombent dans le stereotype du Francais ne parlant pas d'autres langues que la sienne, le pannonceau dit "Je suis paresseuse").


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31 mars 2006

Guetta: pan sur le CPE

J'ecoutais Bernard Guetta s'exprimmer sur le CPE ce matin en podcast sur mon iPod.

D’une idéologie à l’autre (Bernard Guetta, Géopolitique, Chroniques, France Inter, 30/03/06

Pas grand chose a rajouter si ce n'est le lien vers cet article du IHT:
Letter from Paris: 4 simple rules for firing an employee in France (IHT, 29/03/06 )

(d'accord, le calembours est vaseaux mais c'est Vendredi apres-midi)

30 mars 2006

Images de la France vue de l'Etranger

Je ne me suis pas senti aussi peu fier de mon pays depuis que le corrompu-en-chef (1,6m de hits!!!) a repris les essais nucleaires... (plus un probleme de communication qu'autre chose encore une fois)

Fashionable danse in France these days
(Loic Le Meur via James Governor's Monkchips)

Le Times (tendance droite australienne) est assez peu amene dans son analyse:
Protesters fight plans to create more youth jobs (Times, 07/03/06) France’s high youth unemployment is at the centre of a battle between demonstrating public service unions, students, and the Prime Minister Dominique de Villepin

Le Guardian (gauche liberée) ne sais pas trop comment traiter le sujet, balance entre bon sens économique et désir de gauches: Mass protests on the streets of France (Guardian, 29/03/06)

Mais cet edito est assez hilarant: Agnès Poirier: In the grip of declinology (Times, 29/03/06).

Quant aux Amerlauds, ils se demande ce qu'ont les Francais a toujours vouloir casser ce qui marche, en l'occurence la pomme aux oeuf d'ors: Apple vs. France (Newsweek, 21/03/06)

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14 mars 2006

Etrangetés du systeme politique francais

Tout d'abord, une excuse aux lecteurs qui ont remarqué la disparition des accents: je n'ai qu'un clavier QWERTY et utilisait Micro$oft Word avec Blogger pour Word, mais ce petit ad-on plante et le copier-coller de Word vers ne fonctionne pas (car comme d'habitude MSFT ne se conforme pas aux standards et insere des codes HTML speciaux et incompatibles avec Blogger...)

Alors que la situation politique sur le CPE se transforme en guerre de tranchées, les issues en paraissent peu claires.

D'un cote, le gouvernement s'accroche a une mesure qu'il présente comme essentielle pour résorber le chômage des jeunes et qu'il voit comme l'un de ses projets phares.

De l'autre l'occasion de se regrouper au nom de la défense des salariés est trop belle pour une gauche émietté. J'ai déjà ironisé sur ces syndicats étudiants défendant les avantages qu'ils n'ont pas acquis. Quant au projet gouvernemental il ne m'apparaît que comme un cataplasme sur une jambe de bois, créant des complexités et des castes supplémentaires dans le droit et le marche du travail.

Les choses commencent a prendre une tournure... intéressante. Il devient de plus en plus clair que le gouvernement est sur la défensive, traumatisé par le cas Juppé (qui avait du démissionner après une révolte estudiantine qu'il avait essaye de moucher en restant droit dans ses bottes). Les amendements qu'il propose renforcent l'impression d’impréparation et d'amateurisme.

Vu d'outre-manche, le processus dans son ensemble est pour le moins intriguant et révélateur d'une conception de la vie politique et de l'esprit français bien peu adapté aux collaborations transversales et aux changements rapides qui caractérisent le monde d'aujourd'hui. Le Français est caractérisé par un fort individualisme (le travail en groupe a l'école n'est que peu récompensé par exemple), une structure très hiérarchique et la peur de l'incertitude. Autant de traits qui expliquent pourquoi ce pays est régi par des énarques fonctionnaires?

Pour en revenir au CPE, lorsqu'on compare ce cas aux débats intervenant dans d'autres pays, les faits suivants me frappent:
  • il n'y a pas eu de phase longue de préparation de l'opinion par des études et une recherche de consensus sur la natures et les causes du problèmes (en l'occurrence le chômage des jeunes)
  • par conséquent, il n'y a pas eu non plus de débat sur les remèdes à proposer
  • le gouvernement a imposé une mesure sans discussion
  • les catégories concernées se sont senties frappées d'ostracisme et ont proteste
  • comme le gouvernement n'a pas non plus cherche le consensus dans ses propres rangs, la polémique s'est développée
  • et comme en France on aime protester, on a vu les étudiants se mettre en grève (allo, les gars, la nation vous paye pour étudier, qui cela gêne le plus de ne pas aller en cours?)


Voir également:

Tags: Villepin, emploi, chômage, CPE, France, jeunes, société, transmanches.blog, économie,

10 mars 2006

Ces jeunes qui pensent vieux

Excellent billet d'Ivan Rifoul ce matin dans le Figaro: Ces jeunes qui pensent vieux (Le Figaro, 10/03/06)
Ses conclusions sur les jeunes rejoignent les miennes: les jeunes ont "raison d'être déçus d'une société qui, depuis vingt ans, mégote leur place."

On diverge cependant sur le CPE: je pense que c'est une autre invention d'énarque qui rend le marché du travail moins flexible et encore plus complexe, qu'il crée des effets de seuils entre les différents statuts -comme autant de barrières entres les privilégiés du CDI (ou les planques à fonctionnaires). L'auteur vilipende l'atonie de la gauche (mais faut-il s'en plaindre après 14 ans de mitterrandisme économiquement destructeur?), arc-boutée sur la défense des "intérêts égoïstes" et le "traitement social du chômage", expression désignant de nombreuses niches de travail aidé. L'échec des 35 heures a pourtant montré que rationner le travail détruit de la richesse sans créer d'emplois.

Je titrais le 24 Janvier sur "Où sont passés les jeunes français qui en veulent?" Et bien j'ai la réponse: toujours d'après cet article du Fig, 76% des 15-30 ans jugeaient l'an dernier attractif de devenir fonctionnaires tandis que 82% des leurs parents les y encourageraient.

Autant pour l'esprit d'entreprise, cela ne promet guère pour l'avenir... Je reproduis l'article ci-dessous car la mise en page du site passe mal sur Firefox.

Tags: CPE, chômage, emploi, France, jeunes, politiques, économie, société


Ces jeunes qui pensent vieux
Le bloc-notes d'Ivan Rioufol - 10 mars 2006, (Rubrique Opinions)

Les jeunes ont raison d'être déçus d'une société qui, depuis vingt ans, mégote leur place tout en les flattant. Le jeunisme se révèle comme l'artifice destiné à feindre la modernité. En France, des moins de 30 ans se font ainsi régulièrement balader par la gauche copain-copain : un abus de confiance confirmé, mardi, avec le succès relatif des processions contre le contrat première embauche. Ce faisant, une génération bernée s'active à l'être davantage.

Si les non-diplômés ont tant de mal à trouver un emploi, c'est parce que l'École s'est montrée idéologiquement rétive à l'apprentissage et à l'ouverture sur l'entreprise. Des centaines de milliers de postes sont vacants dans la métallurgie, la maçonnerie, la menuiserie, la serrurerie. Pour ces jeunes, le CPE devrait permettre d'accéder à ces métiers, en laissant à l'entrepreneur la liberté de licencier durant deux ans. Pas de quoi s'étrangler. Les lycéens et étudiants veulent-ils bloquer l'accès au travail à moins lotis qu'eux ? C'est ce qu'ils laissent comprendre, en se faisant manoeuvrer par d'archaïques syndicats soucieux de leurs intérêts égoïstes. La fonction publique, mobilisée mardi, n'est en rien concernée par ce contrat. Mais elle y voit l'inacceptable atteinte à l'État providence, construit sur un Code du travail interdisant la nécessaire flexibilité.

Le CPE, approuvé par les parlementaires, a un mérite : celui de rompre avec un système qui ne fonctionne plus et qui écarte 23% des 15-29 ans d'un marché du travail bloqué par trop de contraintes. Cette politique, parce qu'elle s'inspire d'une timide vision libérale, suffit à la déjuger aux yeux des doctrinaires. Cependant, il n'est plus possible de défendre un système qui exclut les moins formés et fait fuir les plus entreprenants. Des décennies d'éloges du pantouflage ont laissé des traces. L'année dernière, un sondage révélait que 76% des 15-30 ans jugeaient attractifs de devenir fonctionnaires. Cette semaine, une enquête Ipsos montre que 82% des Français encourageraient leurs enfants à entrer dans la fonction publique. C'est ce pays immobile et soucieux de sa retraite qui renoue avec son rituel gauchisant. Mais ce sont des conservatismes qui s'expriment. Ils aggravent la marginalisation des jeunes, en leur transmettant des préoccupations de vieux.

Contre-offensive étudiante

Jusqu'où la France devra-t-elle tomber pour que la gauche se réveille ? Un sondage révèle que plus de trois Français sur quatre considèrent que le pays est dans une phase de déclin. Dans son dernier livre (L'Europe en crise, que faire ? Éditions Clément Juglar) le Prix Nobel de sciences économiques, Maurice Allais, rappelle : «Dans tous les pays du monde la France se distingue par un record incontestable mais désastreux. C'est le pays où l'on entre le plus tard dans la vie active. C'est le pays où la durée de travail est la plus réduite. C'est le pays où l'on prend sa retraite à l'âge le plus faible.»
Sur l'ensemble de ces sujets, l'absence de propositions du Parti socialiste, fer de lance de la contestation anti-CPE, fait douter de sa lucidité. Il ne réagit qu'aux 35 heures, aux emplois aidés, au droit à travailler moins. Sentiment de décrochage aggravé par le vide qui s'installe dans le programme de Ségolène Royal, probable candidate à la présidentielle. Elle admet : «Je n'ai pas à avoir un avis sur tout» (nos éditions de lundi). Mais elle n'en a sur pratiquement aucun sujet, mise à part l'éducation des enfants. Une atonie à l'image de son camp.
Face à ces effacements, la volonté de réforme de Dominique de Villepin mérite d'être soutenue. D'autant que les syndicats ne peuvent se prévaloir d'une représentativité les autorisant à parler au nom de la jeunesse ou des salariés du privé. Or s'exprime désormais, au sein de la majorité, une crainte à l'idée d'affronter une minorité. Le premier ministre se dit prêt à discuter d'un «statut» de l'étudiant afin d'amadouer l'Unef. Mais un recul serait la victoire des brasseurs d'air. D'autant que les étudiants et lycéens ne se reconnaissent pas tous, loin de là, dans ces mouvements téléguidés qui détournent les inquiétudes des jeunes. Mercredi, le nouveau Conseil représentatif national des lycéens a estimé qu'il faut «laisser une chance au CPE, pour voir s'il répond à un problème de l'emploi des jeunes». Un raisonnement de bon sens, soutenu dans de nombreuses universités, de Rennes à Tours en passant par Jussieu (Paris). Et si la contre-offensive venait des étudiants eux-mêmes ?

Refus de voir

Une constatation : le malaise social des jeunes n'est pas propre aux adolescents des banlieues. Ceux-là avaient été excusés par les belles âmes pour leurs razzias de novembre, mises sur le compte du chômage et de la précarité. Mais ce sort est le lot de toute une génération, même si les cités sont touchées plus rudement. Est-ce que les manifestants de mardi ont brûlé des voitures, des écoles, des commerces ? Leur bonne tenue fait ressortir le caractère ethniquo-religieux des dernières émeutes. Aussi est-il curieux d'entendre le discours dominant contester cette évidence. Un aveuglement qui n'est plus de mise aux Pays-Bas. Ce pays, fameux pour sa tolérance, s'est à ce point raidi contre l'islam que la ministre de l'Immigration, Rita Verdonk, en est à réclamer que le port de la burqa dans les rues soit sanctionné et que l'usage du néerlandais soit obligatoire en public. Attitude excessive. Mais le refus de voir est certainement plus dangereux.

Mort d'un modèle

La mort de Philippe Muray, 60 ans : cet écrivain mal connu, étiqueté «réac» par les «mutins de Panurge», dénonçait avec acuité, drôlerie et érudition, le conformisme «citoyen» de l'époque. Un modèle.

14 février 2006

Combien coûte un étudiant en grève?

Les étudiants sont donc en grève contre le CPE. Pour les syndicats étudiants, c'est la porte ouverte à la précarité.

J'ai déjà exposé mon point de vue: le CPE n'est pas une bonne chose car il crée des effets de seuils, comme autant de cloisons dans la population active.

Cependant, que les étudiants manifestent m'interpelle pour deux raisons.

La première est qu'ils revendiquent l'abrogation du CPE car d'après aux il "précarise" les jeunes. Comme je l'ai écrit plus tôt (Où sont passés les jeunes français qui en veulent?), je trouve effarant que ces mêmes jeunes ne pensent qu’à la précarité et à défendre les avantages qu’ils n’ont pas acquis. Ont-ils tant peur du futur? Ils ont sans doute raison, mais la solution n'est certainement pas d'étendre un CDI rigide à tous. Voir les liens ci-dessous et cet interview: «Un noyau dur de salariés surprotégés et autour, la précarité»

La deuxième raison est que les étudiants en "grève" me font doucement rigoler. En grève de quoi? Et ça gène qui? Probablement ceux qui risquent leur diplôme. C'est pas se promettre un avenir précaire ça?

Mais ces étudiants en grève doivent faire pleurer les contribuables français (cela a des avantages que d'habiter à London). Un étudiant coûte en moyenne huit mille Euros et des poussièrespar an. Si je payais des impôts en France, j'aurais envie de dire "Au boulot, bande de feignants, y'en a qui banquent pour vous!"


Combien coûte un étudiant? 8 210 euros par an (53 900 francs), c’est ce que coûte en moyenne un étudiant à l’État, soit 27 % de plus qu’en 1975. Un coût qui varie selon les filières: un élève de classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) coûte 12 500 euros (82 000 francs), alors qu’un élève effectuant une année dans une université publique coûte en moyenne 6 433 euros (42 200 francs). Une année en IUT revient à 8 628 euros (56 600 francs) et une année dans une école d’ingénieurs dépendante d’une université à 11 540 euros (75 700 francs). Le coût total d’une scolarité de dix-huit ans, menant sans redoublement à une licence, est évalué à 104 945 euros (688 400 francs) en 2000. La scolarité de dix-sept ans menant à un DUT est évaluée à 102 811 euros (674 400 francs), et à 106013 euros (695 400 francs) pour un BTS. Un diplôme d’ingénieur après deux années de classes préparatoires, soit une scolarité en vingt ans, coûte 145 421euros (953 900 francs).

Au Royaume-Uni, le principe du qui-mange-paye s'applique: les étudiants commencent dans la vie active avec un prêt à rembourser, contracté pour financer leurs frais scolaires et de subsistance….

Tags: CPE,chômage, emploi, France, jeunes, politiques, économie

Liens:

11 février 2006

CPE: quel est le retour sur investissement de la manif?

Il y a au moins une chose positive depuis que la droite est revenue au pouvoir: les chiffres commencent à sortir sur l'impact économique des politiques et faits sociétaux. Un pas en avant contre la culture de "l'Etat n'a qu'à payer"?

Par exemple il est rapporté dans cet article du Figaro que la manif contre le CPE a coûté 160k€, dont 87.510€ financés par les syndicats et le reste par le contribuable (à raison de 1000 à 1500 manifestations par an, l'ardoise serait donc de 108 m€ pour Paris uniquement!). C'est sans aucun doute un défoulement que de défiler et de l'ouvrir mais l'on peut se demander quel est le retour sur investissement?

Les syndicats ne feraient-ils pas mieux de financer des études chiffrant l'impact du CPE sur le chômage (nul?) des jeunes où son impact sur la précarité (puisque c'est leur principal argument)?
Cela permettrait d'amener de l'eau au moulin et de débattre sur des faits plutôt que des arguments plus ou moins fondés. Ce genre de débat par études interposées est courant dans les pays anglo-saxons, et permet en outre de trouver des solutions négociées sans perdre la face.

Mais il est vrai que les syndicats ne sont pas représentatifs en France (le nombre d'adhérents ne cesse pas de baisser) et qu'ils ont plutôt intérêt à se faire entendre –plus les chiens sont petits, plus ils aboient…



Liens: Ce que coûte une manifestation (Le Figaro 11/02/06)


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08 février 2006

Dialogues de sourds autour du CPE

Alors que la manifestation contre le CPE fait un flop (même d’après Libé), je me demande dans quel pays de sourds les français vivent ?

D’un côté, les politiques qui semblent à la fois pétris de bonnes intentions et surtout mus par une échéance électorale approchant tranquillement, pérorent sur le chômage des jeunes. Le problème n’est pas neuf et de nombreuses rustines ont été appliquée sans rien changer aux données de base : le marché du travail est un marché mais cette lapalissade cela ne doit pas être enseigné a l’ENA ? Les remèdes que Villepin propose sur-segmentent et sur-réglementent encore plus le marché, accroissant rigidités et effets de seuil (voir CPE: palier pour l’emploi?) et sont décrétés sans consultation publique. L’opposition, en retrait, n’est ni crédible (c’est sous Mitterand 1er que le chômage de masse s’est développé) ni n’a de propositions.
Donc nuls aussi bien sur la forme que sur le fond.

Les syndicats de leur côté ne proposent guère, dénoncent la précarité (mais le chômage des jeunes n’est-ce pas la vraie précarité) et l’attaque indirecte sur le CDI tout en essayant de recruter de nouveaux adhérents. Cela fait bien longtemps qu’ils ne sont plus représentatifs –ils me font toujours penser à ces petits chiens qui aboient fort pour compenser leur taille. Pourquoi donc écouterai t-on des gens descendus dans la rue plutôt que leur représentation au parlement?
En attendant, les mauvaises habitudes françaises ont toujours cours, les contrôleurs d’Orly prenant prétexte d’un préavis sur le CPE déclenchent une grève purement catégorielle. Annuler 352 vols pour une revendication sur les salaires, non mais sans blagues ?

Eric dépeint les principaux intéressés comme fatalistes. On le serait à moins : perspectives difficiles, gestion des ressources humaines façon Kleenex, retraites pour le moins réduites, dette qui explose… Ils sont contre le CPE mais ne savent pas bien pourquoi en fait. Il semble que nos aînés nous lèguent bien des désillusions…

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